Tuesday, 27 January 2026

Manhattan Chaos de Michaël Mention - retour de lecture

 


Influences : recommandé par Audrey B.

Résumé :

New-York, 1977.
L'été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Son of Sam rôde dans les rues.
Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s'enlise dans la dépression. Mais nous sommes le 13 juillet, et tout va basculer. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d'habitants sont alors plongés dans l'obscurité : c'est le black-out et la panique s'empare de la ville. Forcé de sortir, Miles va errer dans les rues prises d'assaut par la foule et entamer un trip halluciné qui lui fera revivre certains des épisodes les plus marquants, les plus tragiques, de l'histoire de la grosse pomme.



Le contexte : 

Audrey est une jeune femme géniale, le type de fille que j’envie à ses parents, si j’avais eu une fille… intelligente, drôle, curieuse, cultivée, douée pour beaucoup de choses et qui a toujours quelque chose à dire dans une discussion (grâce à sa large culture) … Elle m’avait recommandé Alan Parks et son Harry Mc Coy… et la marquise des poisons… Comment ne pas lire celui-ci !


Mon avis :

New York, 13 juillet 1977, en pleine canicule, Miles vit reclus dans son appartement richement décoré. Ses conditions de vie sont déplorables, déchets au sol, lumières éblouissantes jour et nuit, télévision en fond sonore H24, et de la drogue un peu partout (surtout dans son corps).

Miles ne vit plus, il survit et cette soirée devait être une nouvelle ordinaire soirée d’abus en tous genres, sauf que Miles n’est pas n’importe qui, c’est Miles Davis… le génie du renouveau du jazz et autres sonorités.

Le basculement ? une panne d’électricité générale qui plonge les habitants dans le doute, la peur, l’irrationnel pendant des heures.

Lui n’a qu’une obsession : trouver une dose d’héroïne pour éviter la crise de manque. Pour cela, il doit sortir de son appartement, arpenté les rues qu’il n’a plus vues depuis deux ans… Bref, en sus du manque, il a la trouille.

Michael Mention nous fait vivre les affres de Miles Davis en pleine crise paranoïaque, qui parle à son double (resté dans l’appartement), aux cafards imaginaires (ou pas !) et qui parcourt New York livré à la folie humaine.

Pourtant, l’auteur décide de faire voyager Miles dans la machine à remonter le temps de H.G. Wells (roman qu’il dit adorer) et on se retrouve un peu de partout, avec un accompagnateur et l’esprit perturbé qui voit, croit, et subit un chaos intérieur (et extérieur).

Écrit à la serpe, avec des phrases coupées sur plusieurs lignes (pour montrer le cerveau halluciné du personnage), des propos inquiétants et la menace du Fils de Sam, serial killer des années 70… cela peut dérouter quelques lecteurs plus académiques.

Ce roman mélange habilement les passé, futur, présent et la musique qui fait, elle aussi, un « very sad trip » !

Autant dire que c’est bordélique, sous acide (ou héroïne) et inclassable par moment… et j’ai aimé ça ! 


 

Sunday, 25 January 2026

La Maternelle de Jean Frapié - retour de lecture

 


Influences : recommandé par Lila

Résumé :

Rose, issue d'une famille aisée, doit affronter une cruelle réalité après qu'une série de malheurs se soit abattue sur sa famille. Bien qu'elle soit une jeune fille érudite, elle doit se contenter d'un emploi de femme de ménage dans une école maternelle. Se confiant à son journal intime, elle réfléchit sur son nouveau statut, tout en nous faisant part de la vie des enfants au sein de l'école. Elle nous initie ainsi à ce nouveau monde qu'elle s'approprie peu à peu.



Le contexte : 

Lila m’a envoyé une liste de quatre romans (en accord avec sa maman) et elle m’a hautement recommandé ce « roman si moderne pour un vieux roman de la Belle-Epoque ! » … Goncourt aussi en 1904 !

Comment résister !?


Mon avis :

Il faut savoir que ce roman, Goncourt en 1904, a fait l’objet deux adaptations au cinéma en 1925 (avec la belle Madeleine Renaud) et 1949 avec Blanchette Brunoy.

Léon Frapié conte, à travers le journal de Rose, la vie dans les écoles de la Belle Epoque et fait le constat critique d’un système éducatif, parental, institutionnel un brin défaillant et des difficiles conditions des femmes, des enfants miséreux et des quartiers populaires. 

Il connaît un peu la question grâce à son épouse, institutrice.

Rose est une jeune femme de vingt-trois, jeune fiancée dont la mort du père va voir s’effondrer ses perspectives d’avenir (pas de dot, pas de mariage). Titulaire d’un baccalauréat et d’une licence de lettres, elle ne peut pas prétendre à l’enseignement mais elle trouve un travail comme femme de ménage dans une école. 

Sa vie bascule entre horaires durs, tâches épuisantes, logis limite insalubre et les réflexions de la hiérarchie. Pourtant Rose observe et se tient en retrait car elle fait partie d’une classe sociale supérieure et cela sera mal vu par les parents, enfants et enseignants. 

Petit à petit, Rose, en sus du ménage, s’occupe des petits, de leurs mères pour lesquelles la vie est rude. Ces enfants ne mangent pas à leur faim, sont transis de froid, sont battus par un père, abandonné par une mère surchargée ou inconsciente, ont peur des grands dans la cour qui les violentent.

Pourtant les institutrices, instituteurs, directrices ou directeurs sont dévoués mais cela ne suffit pas à lutter contre les querelles hiérarchiques, les règles et statistiques de l’administration (tiens, tiens).

Leon Frapié décrit une société miniature avec les chefs, les gentils, les voyous, les âmes charitables, les lâches et les fats. 

Rose est un personnage tellement attachant, volontaire, non résigné mais qui relate sans fard la réalité de ce monde qui va, cependant, lui ouvrir des portes vers une autre carrière.

Ce roman au titre trouble est une tranche de vie, vive, parfois drôle, sans être misérabiliste et diablement addictive. On comprend pourquoi il a eu le prix Goncourt !!!


 

Thursday, 22 January 2026

La Playlist du jeudi... Parce que George

 


Bonjour,

Parce qu'il manque beaucoup, parce que ces textes-là sont magnifiques...

Parce que George !

 

xx

Lisa

Tuesday, 20 January 2026

Crampton Hodnet de Barbara Pym - retour de lecture

 


Influences : recommandé par ma copine Rozzie qui tient le blog la Bibliothèque Roz

Résumé :

Oxford, vers la fin des années trente. Deux idylles "inconvenantes" - l'une entre un séduisant professeur quinquagénaire et sa jeune étudiante, l'autre entre le nouveau vicaire de la paroisse et une demoiselle de compagnie - vont, le temps d'une saison, troubler la sérénité des five o'clock d'une société tout entière axée sur le "bon ton".



Le contexte : 

Rozzie a toujours des lectures intéressantes, pointues et vintage, parfois… Elle aime beaucoup Barbara Pym qui est un peu son « gâteau de riz » littéraire (ça réconforte) et elle l’a inscrit immédiatement dans le fichier ! 

Elle propose, je lis ! En sus, c’est « so british » … comment résister ?!


Mon avis :

On pourrait sous-titrer ce roman « Thé, ragots et vieilles dentelles » !

Je n’avais jamais lu Barbara Pym et je pense qu’elle va régulièrement atterrir dans mes piles à lire afin de retrouver ce côté que j’adore… So British, Oxford, Tea Time, bonnes mais dénigrantes manières sous l’humour britannique et l’agitation sentimentale.

Barbara Pym croque la société anglaise de cette époque (avant la Seconde Guerre mondiale) avec autant de délice qu’une bonne dégustation de scones.

Ce roman a été longtemps enfermé dans un tiroir mais il est fort heureux qu’il en soit sorti !

Nous sommes donc à Oxford (Nord !) et nous faisons la connaissance de Miss Dogget et de sa dame de compagnie Miss Morrow, vieille fille faussement soumise.

Miss Dogget aime autant le thé que les médisances et se mêler de la bonne moralité, des amours et des emmerdes des autres est sa raison de vivre.

En bonne moralisatrice, elle se pense être un personnage central dans la vie de cette communauté, invitant, notamment, des étudiants tous les dimanches pour parfaire leurs soi-disant éducations… 

Il y aussi son neveu Francis Cleveland professeur de littérature, marié, mais portant beau, suffisamment pour imaginer les étudiantes folles de lui.

Tout ce petit monde pourrait vivre entre scones et calomnies, si Mr. Latimer, le nouveau vicaire, ne venait pas jeter le trouble chez ses ouailles !

Beau, jeune, intelligent, il attire autant que miel les abeilles… Alors, que faire pour calmer tout cela ? Peut-être jeter son dévolu sur la vieille fille de service, Miss Morrow… sous le regard effaré de Miss Dogget ?

Ce roman, entre drames, amourettes, espoirs, désespoirs, passions couvées ou inassouvies, offre une satire douce-amère et très acérée de ce microcosme oxfordien. 

Barbara Pym déploie son humour avec parcimonie notamment au niveau des personnages et de leurs expectatives. 

C’est fin, drôle et diablement bien troussé !

Un nuage de lait dans le thé mais à s’en étouffer avec les shortbreads ou la key lime pie ! 

Jouissif !!



Sunday, 18 January 2026

L’orange de Noël de Michel Peyramaure - retour de lecture

 


Influences : recommandé par la maman de Lila


Résumé :

A la fin de l'été 1913, Cécile Brunie, toute jeune institutrice, arrive à Saint-Roch pour y prendre possession de son poste. Dans ce petit village de la basse Corrèze où le curé fait seul la loi et où prospère une école catholique, elle est accueillie comme le diable en personne. Nul doute que, comme ses prédécesseurs, elle ne puisse tenir que quelques mois devant le redoutable abbé Brissaud qui, chaque dimanche, tonne contre l'école sans Dieu et ses suppôts. Mais Cécile fait front, résiste aux injures, aux provocations, aux calomnies et, peu à peu, gagne la confiance du village et vois se peupler son école. Au terme d'une année terrible, sa victoire aura le visage heureux de la petite Malvina Delpeuch, que chacun considérait comme une demeurée et qu'elle aura réussi à conduire jusqu'au certificat d'études.



Le contexte : 

Je continue mes lectures de romans régionaux et ce roman m’a été grandement recommandé par la maman de Lila qui lit énormément et qui adore les romans de terroirs, y compris étrangers.

Pour info, Lila est un fidèle des premiers temps du Blog en 2010… elle avait 15 ans… le temps passe !


Mon avis :

Malvina est une petite fille vivant dans un petit village de Corrèze. En cette année 1913, la tension monte mais elle n’en a cure. Elle vit dans son arbre, se cache, travaille à la ferme de sa famille qui ne roule pas sur l’or, avec une mère bourrue, des frères pas faciles et une sœur, Flavie, qui travaille déjà comme apprentie couturière. 

Malvina n’a pas la réputation d’être petite fille intelligente ; elle serait même un peu « limitée », une nigaude.

Quand Cécile, une jeune maîtresse fraîchement sortie de l’école normale, débarque dans cette commune, c’est la révolution chrétienne. En effet, jusqu’ici, dans cette France post-loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise, les curés tiennent encore les paroissiens, les écoles, les éducations et les programmes. Même si les rectorats laïques luttent, il est difficile de désobéir au curé quand on vit dans une petite commune isolée.

Cécile provoque donc la colère du curé qui, de mauvaises actions en complots, essaie de la faire fuir, muter ou pire.

Quand Cécile s’attache à Malvina, elle découvre un diamant brut. Soit, Malvina n’a pas l’esprit mathématique mais elle est dure à la tâche, travaille dur et possède une large marge de progression… Cécile décide de la faire travailler pour avoir son certificat d’étude (le graal pour beaucoup à l’époque). 

Au fil des pages, on suit l’itinéraire des femmes et des hommes de cette époque avant-Première Guerre mondiale et principalement de Malvina qui se découvre et développe une amitié profonde pour Cécile. 

Le roman pointe les tensions entre les laïcs et l’église, les ragots villageois, la modernité refusée par peur ou par croyance, les conditions de vie des enfants des campagnes, les idées nouvelles (Jaurès, l’anarchisme, le droit des femmes, etc.), et bien sûr, les rapports entre les hommes et les femmes.

Ce roman est conté par Malvina, âgée et on comprend bien que son destin a été chamboulé tant par Cécile que la période hostile qui se profile.

Profondément humain, républicain et bienveillant, « L’orange de Noël » montre qu’il n’y a pas si longtemps être avant-gardiste était difficile à vivre et que la France a évolué doucement grâce à des enseignants qui ont œuvré pour trier le bon grain de l’ivraie.

Encore une belle lecture régionale et merci à la maman de Lila qui avait adoré ce roman humaniste et amicale.



Thursday, 15 January 2026

La Playlist du jeudi... les basiques

 


Bonjour,

Faut bien revenir à quelques basique...

Non pas qu'ils sont les plus importants pour moi mais ça fait du bien !

 

xx

Lisa

Saturday, 10 January 2026

Le Paris des Merveilles - vol. 03 : L'Élixir d'Oubli 1/2 de Etienne Willem (Avec la contribution de), Pierre PEVEL (Avec la contribution de), Capia (Dessins) - retour de lecture

 


Résumé :

Bienvenue dans le Paris des Merveilles ! Bienvenue dans le Paris des Merveilles !

Nous sommes en 1909, dans le Paris des Merveilles. Enquêtant sur le meurtre d'un antiquaire apparemment sans histoire, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage et gentleman, croise la route d'un sorcier maléfique, le redoutable Giacomo Nero. Une affaire qui en rappelle une autre, au XVIIIe siècle, en France. À l'époque, l'OutreMonde n'était pas connu, Griffont était un fringant capitaine de cavalerie et il allait bientôt rencontrer Isabel de Saint-Gil, fée renégate et justicière masquée à ses heures.




Le contexte : 

Cadeau non attendu de Dame Chantal qui m’a fait lire les romans de Pierre Pevel sur ce Paris des Merveilles… et qui alimente mon grand intérêt pour cet univers !


Mon avis :

Griffont et d'Isabel, un mage et une fée de l’Outremonde racontent, lors d’un repas en 1909, leur rencontre 200 ans et des poussières plus tôt dans l’Outremonde, univers peuplé d’elfes, de fées, d’ogres ou de dragons à l’allure humaine. 


Soudain… (oui, oui, il ne faut pas tout dire !)


Ils vont donc se jeter dans une enquête sur la mort d’un antiquaire… 


Cet album est la suite de la saga de Pierre Pevel dont l’imagination est absolument addictive et fourmille de trouvailles en tous genres.


C’est vraiment libre, une belle réussite et avec des dialogues très Belle Epoque incluant de l’espionnage, des courses-poursuites, des échanges de cape et d’épée et un soupçon d’amour.


J’ai encore énormément aimé me plonger dans ces planches créées à deux mains.


En effet, ce 3ème tome a été retardé en raison, malheureusement, du décès en juin 2024 du dessinateur Etienne Willem qui travaillait déjà sur cet opus…. Les 15 premières pages sont absolument sublimes, avec ce trait précis, hyper travaillé, magnifiquement posé.


Le reste, à sa mort, a été reprise par Capia qui s’est basé sur le story-board hérité. Sa prise en main est vraiment bonne quoique que légèrement plus grossière…. 


Néanmoins, ce tome est vraiment, vraiment très agréable à lire… vivement le tome 4 !


Il faut noter qu’à la fin de l’album, il y a deux bonus : 


Le premier est le travail de mis en place de Capia pour s’approprier les personnages du Paris des Merveilles et, surtout, on peut voir, apprécier et humer ce qu’aurait été à un projet de Willem, intitulé « le Clans of London », qui reste inachevé, mais qui était déjà fort prometteur…


Quelle perte !




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